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Lecture d'été en mer Egée

  • Photo du rédacteur: Laetitia Bailly
    Laetitia Bailly
  • 12 juil.
  • 2 min de lecture

12 juillet, vieux port de Mytilène


J’aime le vieux port, ses pontons improbables, ses barques de pêche, ses bars d’escale et sa vue sur la Turquie.

C’est ici que cet après-midi j’ai refermé le magnifique livre de Catherine Singer Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?. Son seul titre amène déjà une pause méditative. Le livre égrène ensuite de nombreuses occasions d’introspection, de contemplation. Il se lit comme on boit un café frappé sur le vieux port, à petites gorgées. Certaines phrases vous interpellent, vous arrêtent, vous enlacent, vous étranglent, vous soulagent, vous indignent… Ce livre est un grimoire dans lequel on s’use les yeux et dont on relève la tête le regard illuminé.


Catherine Singer propose que “La vraie paire d’antonymes est la naissance et la mort, le passage du commencement et le passage de la fin. Et ce qui passe par ces deux portes, ce qui s’y engouffre, c’est, dans les deux cas, la vie.”

Alors en refermant le livre j’ai su que c’était le début de ce billet et j’ai eu envie de vous livrer un peu du commencement et un peu de la fin de ce livre pour que vous puissiez saisir ce qui le traverse.


“A la longue, il ne vaut jamais la peine d’avoir été cynique, revanchard, gagnant, compétitif, “the best” ! La seule chose à la longue qui vaille le jeu et la chandelle est d’avoir aimé.”


“Vider l’océan de la haine au compte-gouttes. [...] Non seulement un autre monde est possible mais il respire sous celui-là. Qui de nous retient assez longtemps son souffle en entend la pulsation.”


Quand j’ai fermé ce livre, tout ce qu’il contient était déversé dans la suite de ma vie.


J’allais simplement finir ce billet en remerciant Catherine Singer en faisant résonner ce dernier extrait  “J’ai beaucoup fait pour ce monde quand je suspends ma course pour dire merci.” Mais jai appris le décès d’une de mes patientes et j'ai été projetée dans la métaphore des deux soeurs que file Catherine Singer : “deux soeurs qui marchent en se tenant par la main [...] Elles vont ensemble et sont impossibles à penser l’une sans l’autre : émouvantes, inséparables, la vie et la mort.” 

Alors la fin de ce billet est un hommage à la vie de cette patiente qui parlait si simplement de sa mort à venir. J’ai eu l’honneur de l'accompagner un bout de chemin et je sais qu’entre sa naissance et sa mort sont passés de beaux sourires et des rires intenses, des encombrements et du vide, des voyages et des inerties, des amitiés solides et une persévérance attentive…


Merci à cette petite Dame de m’avoir invitée à partager sa vie en évoquant sa mort, merci à Catherine Singer d’avoir écrit ce livre magnifique, merci à vous de prendre du temps pour lire.


 
 
 

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