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La source

  • Photo du rédacteur: Laetitia Bailly
    Laetitia Bailly
  • il y a 12 heures
  • 2 min de lecture

6 juillet 2026, Mytilène

Je me souviens très bien quand j’ai commencé à écrire. J’avais 9 ans. Mon père s'apprêtait à partir loin pour soigner son cœur blessé par la fin de son couple avec ma mère. 

Il m’a offert un cahier à spirale sur la couverture duquel il avait écrit quelque chose comme :  “Ce cahier est le tien. Tu peux y écrire tout ce que tu vis, le meilleur comme le pire. Personne ne le lira mais ça t’aidera. Je suis toujours là, à portée de mots.”

J’ai toujours vu mon père écrire dans des calepins à spirale, en toutes petites lettres. Un feutre pointe fine en guise de bouée pour traverser la vie.

Quarante ans plus tard, j’écris toujours, tous les jours. J’écris pour structurer mes pensées quand j’écoute mes patients. J’écris dans des calepins mes intentions pour la journée à venir, mes impressions de la journée passée. J’ai écrit quelques nouvelles, un carnet de voyage en Inde, des haïkus quotidiens puis des billets dominicaux. J’écris de longs messages à mes enfants, mes parents, mes amis. J’écris des cartes postales à mon amie.

J’ai commencé un roman il y a des années. Je l’ai repris il y a un an. J’ai réessayé en partant en mission humanitaire. Chaque fois, je structure, je décris les personnages, je commence à écrire des paragraphes. L’idée d’histoire reste intacte mais j’en reporte l’écriture, je la délaisse.

Alors, hier j’ai tenté de remonter à la source de l’inspiration. Pourquoi ai-je envie d’écrire un roman ? Pourquoi ai-je envie d’écrire ? Pourquoi un roman ?

Je me heurte à la forme ! Pourquoi un roman ? J’écris des billets, des haïkus, des cartes postales. Tout comme je parle, j’écris souvent mais peu. Je cherche le mot juste. Je fuis la paraphrase. Le roman serait-il l’injonction pour être une écrivaine ? Pourquoi je lutte pour m’y conformer au risque de perdre le plaisir d'écrire et de polir les mots.

J’écris pour méditer, pour partager mes impressions. Voilà ce qui est au cœur de mes écrits depuis toujours. En revenant à cette source, je sens l’élan revenir ! Je veux simplement découvrir les mots qui donnent du sens à mon vécu journalier et avec eux écrire de jolis textes. Je veux partager mes écrits pour le plaisir mais aussi pour la lueur qu’ils pourraient être.

Si les écrits de mon père sont des bouées jetées à la mer. Alors les miens pourraient être des flashes de phares sur cette même mer qu’est la vie. Le phare est là et il éclaire, rythmiquement. Le phare ne se soucie pas de savoir si sa lumière accompagne un navigateur ou s’il éclaire une mer vide. De même, je vais poser mes textes comme de jolies lumières que certains saisiront à l’occasion.


Revenons à la source de nos actions, de nos projets. Retrouvons l’inspiration, l’intention comme point de départ de notre chemin du jour.


 
 
 

2 commentaires


marie.place67
il y a 3 heures

Comme cela fait écho à ce que je vis,moi aussi, avec l'écriture, Laetitia. J'écris tout le temps,de tout, comme vous.

Moi aussi, depuis longtemps,je me suis persuadée que je " devais" écrire un roman. Parce que,petite,je me rêvais écrivaine.

J'écris désormais en toute liberté.

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sylvie.noury
il y a 11 heures

Tu sais écrire si joliment et si parfaitement les moments de vie. Continue, pour notre plus grand plaisir !❤️

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